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 fissure dans le mur de l'évidence

Il y a une différence entre dormir et être anesthésié, et cette différence n'est pas rhétorique. Celui qui dort peut se réveiller : il suffit d'un bruit, d'une lumière, d'une main posée sur l'épaule. Le sommeil est une suspension provisoire, naturelle, réversible. Celui qu'on a anesthésié, en revanche, a consenti à ne plus sentir, et ce consentement est la chose la plus difficile à nommer parce qu'il n'a pas eu lieu en une fois, dans un bureau, avec un formulaire signé.

Modernisme et sensible

Le curseur clignote.

Je fixe l’écran et, soudain, le flux se rompt. Ce n'est pas une panne d’inspiration, c’est une obstruction physique. Un nœud dans la gorge, une résistance acide, comme si le corps refusait avant que l'esprit ait eu le temps de formuler quoi que ce soit. 

Le poids des jours tranquilles

Rien ne me prédestinait à fouler un jour ces terres brabançonnes, jusqu’à ce qu’un concours de circonstances du haut de ses 85 centimètres me pose la question fatidique : « Papa, pourquoi tu ne rentres pas avec nous ? ». C’est ainsi que ma vie de Français de la banlieue ouest de Paris bifurqua vers la périphérie bruxelloise. En soi le modèle était similaire, une vie en banlieue d’une grande ville, dans une banlieue aisée, à côté de forêt, à travailler dans une grande entreprise.