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Le poids des jours tranquilles

Rien ne me prédestinait à fouler un jour ces terres brabançonnes, jusqu’à ce qu’un concours de circonstances du haut de ses 85 centimètres me pose la question fatidique : « Papa, pourquoi tu ne rentres pas avec nous ? ». C’est ainsi que ma vie de Français de la banlieue ouest de Paris bifurqua vers la périphérie bruxelloise. En soi le modèle était similaire, une vie en banlieue d’une grande ville, dans une banlieue aisée, à côté de forêt, à travailler dans une grande entreprise.

Prologue

J’ai un enfant et pourtant nous l’avons sacrifié. Enfin je dis “nous”, mais je ne m’inclus pas forcément dedans. Quoique, ce serait peut-être me mentir à moi-même, je suis là, rouage à l’intérieur d’un système, à ne pas me révolter. Pourtant à l’intérieur, je bous… Cette fichue dissonance cognitive, je vis avec un acouphène mental présent, dérangeant mais complètement intégré : ce décalage monstrueux entre l'amour absolu que je lui porte et ma passivité face à ce qui l'empoisonne.

arbre forest
Forêt silencieuse, aimable solitude, Que j’aime à parcourir votre ombrage ignoré ! Dans vos sombres détours, en rêvant égaré, J’éprouve un sentiment libre d’inquiétude ! Oh ! que ne puis-je, heureux, passer ma vie entière Ici, loin des humains ! Au bruit de ces ruisseaux, Sur un tapis de fleurs, sur l’herbe printanière, Qu’ignoré je sommeille à l’ombre des ormeaux !